Des Légos au musée

Tous les musées sont à la recherche d’idées pour attirer de nouveaux publics. Le Nicholson Museum de Sydney qui contient la plus grande collection d’objets préhistoriques, égyptiens, cypriotes, grecs, étrusques et romains d’Australie a mis en œuvre une présentation efficace : monter une exposition en y intégrant des Lego. Après une première exposition, présentée de juillet 2012 à juin 2013 centrée autour d’une maquette en Lego du Colisée de Rome, qui a attiré 90’000 visiteurs, une seconde exposition, focalisée sur l’Acropole d’Athènes a attiré plus de 100’000 visiteurs entre juillet 2013 et juin 2014. Construite par Ryan McNaught, le seul constructeur professionnel certifié Lego de l’hémisphère sud, l’Acropole Lego contient plus de 120’000 briques et a nécessité environ 300 heures d’assemblage. Comme le dit le bâtisseur,  »le modèle est aussi proche de la vraie Acropole que je pouvais le faire. Ce n’est pas un modèle à l’échelle architecturale; il s’agit plus d’une représentation. Les parties les plus difficiles ont été la restitution de toutes les lignes diagonales ». Les monuments principaux y sont modélisés, dont le Parthénon, le temple d’Athéna Niké, l’Erechthéion et les Propylées. Des scénettes constituées de figurines Lego présentent des visiteurs célèbres de l’Acropole comme Agatha Christie ou Sigmund Freud ainsi que des épisodes historiques qui s’y sont déroulés comme Périclès inaugurant le monument, Lord Elgin enlevant les frises du Parthénon, un concert d’Elton John dans l’Odéon d’Hérode Atticus ou une représentation de la pièce d’Œdipe roi dans le théâtre de Dionysos.
Acropolis

 

Face à l’Acropole (Photo : Nicholson Museum)

Cependant, malgré ces succès publics, qui ont permis d’augmenter de plus de 30% le nombre de visiteurs par rapport aux années précédentes ce n’est pas sans surprise que Michael Turner, le conservateur en chef du musée, a reçu à l’improviste dans son courriel une demande du nouveau musée de l’Acropole pour un prêt de cette maquette en Lego pour attirer les jeunes visiteurs. Ouvert au pied de l’Acropole en 2009 avec une vue directe sur le Parthenon, ce musée rassemble toutes les découvertes archéologiques réalisées sur et aux alentours de l’Acropole a l’exception notable des fameux marbres de Lord Elgin prélevés entre 1801 et 1802 et exposés au British Museum. Après une nuit passée largement sans sommeil à réfléchir, Michael Turner décida que le Musée de l’Acropole ne pourrait pas emprunter la maquette en Lego, car il allait tout simplement la donner, car c’est l’issue d’un rêve un peu fou. « Alors que le British Museum refuse de restituer les marbres du Parthénon, le Musée Nicholson de l’Université de Sydney fait don de toute une Acropole! » dit en plaisantant Michael Turner. Le modèle doit arriver au Musée de l’Acropole cette semaine. Quant au Nicholson Museum, surfant sur l’intérêt des modèles en Lego que l’on peut voir ici ou là, il se prépare à présenter au mois de janvier un nouveau modèle: Une Pompéi en Lego.

Une semaine sous le signe hashtag #Museum Week

Ce matin, des centaines de musées européens ont lancés la première « Museum Week » sur Twitter. Du 24 au 30 mars 2014, tous les utilisateurs du site de microblogging pourront se cultiver, se divertir et communiquer avec les institutions culturelles participantes en partageant des messages de 140 caractères libellés avec le hashtag #MuseumWeek.

museumweek-620x350

 

Chaque jour de cette semaine est de plus attaché à une thématique particulière qui varie selon les pays et les langues. Aujourd’hui lundi, jour habituel de fermeture pour de nombreux musées ce sont les coulisses des musées qui seront visitées en France, avec le hashtag #CoulissesMW. Les autres jours de la semaine s’articuleront sur les thèmes suivants : – Mardi 25 mars : Testez vos connaissances (#QuizzMW) – Mercredi 26 mars : Exprimez vos coups de coeur (#LoveMW) – Jeudi 27 mars : Imaginez le musée (#ImagineMW) – Vendredi 28 mars : Posez vos questions (#QuestionMW) – Samedi 29 mars : Architecture des musées (#ArchiMW) – Dimanche 30 mars : Soyez créatif (#CreaMW ) En Grande-Bretagne, si les thèmes proposés sont semblables les hashtags sont différents : – Lundi 24 mars : A day in the life (#DayInTheLife) – Mardi 25 mars : Test your knowledge (#MuseumMastermind) – Mercredi 26 mars : Your story (#MuseumMemories) – Jeudi 27 mars : Buildings behind the art (#BehindTheArt) – Vendredi 28 mars : Ask the expert (#AskTheCurator) – Samedi 29 mars : Museum sel?es (#MuseumSel?es) – Dimanche 30 mars : Constraint drives creativity (#GetCreative) Les tenants et les aboutissants de cette semaine sont bien résumés dans le blog de Marlene Dixon (@MarDixon). En consultant la liste des participants on constate que les musées de quatre pays européens (Grande-Bretagne, France, Italie et Espagne)se sont particulièrement engagés dans cette première semaine des musées sur Twitter. En ce qui concerne la Suisse, comme souvent dans les réseaux sociaux, rien à signaler. Une semaine normale commence.

“Museum and the web” à Florence

Museum and the web, c’est le nom d’une manifestation majeure dans le monde numérique qui a lieu chaque année dans une ville différente aux États-Unis. Cette année c’est à Baltimore du 2 au 5 avril que se tiendra l’événement sous la bannière MW2014. Mais pour ceux qui trouvent que les Etats-Unis c’est un peu loin, une pré-session sous le thème « Open Museums and Smartcities: Storytelling and Connected Culture » est organisée pour la première fois en Europe dans la ville de Florence en Italie. Nom de code : MWF2014.

MWF2014

Extrait de la page internet de MWF 2014

Durant quatre jours, du 18 au 21 février des conférences, des démonstrations et des ateliers vont avoir lieu sur l’utilisation des nouvelles technologies dans le cadre des musées ou de la découverte culturelle des villes. Les thèmes développés sont les plus divers comme par exemple la réalité augmentée, le storytelling, les médias sociaux, la 3D, du bon usage des téléphones intelligents et des tablettes ainsi que des premières expériences avec les lunettes numériques comme celles développées par Google. En plus d’une centaine d’intervenants directs, il est annoncé près de deux cents participants. Plus de 20 musées sont représentés, parmi lesquels Le Louvre de Paris, la Tate Gallery , le Science Museum et le Museum of London de Londres , le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg , le MoMA et le Metropolitan Museum de New York, ainsi qu’environ 170 entreprises et acteurs culturels.

Dernières heures pour « Wiki Loves Monuments » 2013

Il reste encore quelques heures pour participer au concours photo Wiki Loves Monuments (WLM) organisé par l’association Wikimédia organisation à la base de l’encyclopédie libre Wikipédia. Commencé le 1er septembre l’opération se termine le 30 septembre à minuit. Comme l’indique son article 2, « le thème du concours « Wiki Loves Monuments » est un safari photo consacré aux monuments culturels, par exemple des bâtiments historiques sous protection, monuments de l’histoire industrielle et technique ou parcs historiques. Les listes officielles sont celles définies par l’inventaire PBC de la Confédération Suisse (objets type A et B), ainsi que certaines listes disponibles des offices cantonaux du patrimoine. Au fond, le concours comprend tous les monuments étant inclus dans l’ensemble des listes par commune dans Wikipédia en allemand à la date du 25 août 2013. »

Participating_Countries_WLM_2013

En rouge les pays participants à WLM 2013

Le concours WML fut d’abord organisé en 2010 au Pays-Bas. En 2011, le concours fut organisé dans 18 pays européens et un total de 169’150 photographies de monuments furent misent en ligne. En 2012, WLM s’étendit au monde entier avec 33 pays participants, dont le Chili, l’Inde, le Panama, le Ghana, les Philippines, la Russie, l’Afrique du Sud et les États-Unis. A cette occasion 353’768 photographies furent déposées, ce qui constitue à ce jour le record de participation pour un concours photographique. Cette année, avec plus de 50 pays participants, le nombre de photos téléchargées pourrait à nouveau établir un nouveau record de participation, même si à quelques jours de la fin du concours il manquait encore plus de 100’000 images pour arriver à ce résultat. En Suisse, ce concours est soutenu par la section Protection des Biens Culturels (PBC) de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP), car plus de 10’000 objets ont besoin d’être photographié. Au mois d’octobre, un jury sélectionnera dix photographies qu’il classera par ordre de préférence, et les auteurs des œuvres sélectionnées recevront des bons pour l’achat de matériels photographiques. Mais l’essentiel, comme toujours, n’est pas de gagner, mais de participer, pour enrichir la collection d’images libres de droit accessibles sur l’Internet.

Lascaux 1,2,3 et peut-être 4

Une exposition consacrée à Lascaux se tient à Bordeaux du 13 octobre 2012 au 6 janvier 2013 (Cap Sciences, Bordeaux – Hangar 20, Quai de Bacalan). Elle entamera ensuite une tournée mondiale dont les deux premières étapes sont Chicago et Montréal. De nombreux musées ont manifesté leur intérêt pour recevoir cette exposition pour quelques mois. Ce projet a été réalisé par le Conseil général de la Dordogne, avec la participation financière du Conseil Régional d’Aquitaine, du Ministère français de la Culture et de la Communication et de l’Union européenne. http://lascaux-cap-sciences.net

Pour rappel, Lascaux, découverte en 1940, a été fermée au public en 1963 par André Malraux, alors ministre de la culture, à cause des détériorations provoquées par la présence humaine sur les fragiles peintures préhistoriques. La présente exposition constitue en fait un Lascaux 3, faisant suite à la reconstitution qui se trouve près de la grotte de Lascaux dans le Périgord. Les visiteurs pourront découvrir les panneaux grandeur nature dans une grotte dont l’éclairage a été créé de manière à reproduire celui des lampes à huiles et des torches utilisés par les hommes de Cro-Magnon, il y a 20’000 ans. Ces panneaux représentent des parois ornées de la Nef et de la scène du Puits, dont deux sont inédites: – Le Panneau de l’Empreinte – La Vache Noire – Les Bisons adossés – La frise des Cerfs – La scène du Puits Les restaurateurs ont utilisé les mêmes pigments que les artistes de Lascaux. Le support est une coque de résine sur lequel est appliqué une partie minérale. Des moulages d’objets originaux de Lascaux (pointes, sagaies, la célèbre lampe en grès rose…), ainsi que des reconstitutions anatomiques d’une famille de Cro-Magnon sont également présentés. À partir d’un modèle virtuel de la grotte, composé de milliards de points géo-référencés relevés au laser, le réalisateur Maurice Bunion a conçu un film en 3D, que les visiteurs pourront voir avec des lunettes et qui sera projeté sur un écran spécial. Un Lascaux 4 en préparation Le Centre international d’art pariétal est un projet visant à construire un fac-similé complet de Lascaux (Lascaux 4), alors que Lascaux 2 n’en représente que 50%. Un bâtiment de de 7 800 m² pouvant accueillir 400 000 visiteurs par an est prévu. Malheureusement, le gouvernement français vient de se désengager de ce projet et ses initiateurs cherchent de nouveaux financement, dans le privé notamment.

Le recours aux substituts L’exemple de Lascaux nous le rappelle. Le recours à des substituts, des copies, des fac-similés, des reconstitutions, est parfois une nécessité. La visite d’un site comme Lascaux n’est simplement pas possible. Ce n’est pas le seul site inaccessible. Que l’on songe à cet autre monument de l’art pariétal qu’est la grotte de Cosquer. Même si elle était ouverte au public, il faudrait encore être un plongeur expérimenté pour y parvenir. Les musées recèlent aussi de nombreux objets qui ne peuvent pas être exposés ou seulement pour des périodes limitées. D’autres ne peuvent pas être transportés, car trop fragiles. Le substitut constitue donc un moyen de présenter ou de faire connaître de telles oeuvres. Il est évident que la présence de l’original peut provoquer une émotion intense, alors qu’une copie permet simplement d’en prendre connaissance. Comme on le voit avec la recréation de l’éclairage d’origine ou un film en 3D dans cette nouvelle exposition consacrée à Lascaux, les nouvelles technologies permettent aussi de faire de la visite d’un fac-similé une expérience inoubliable. La réalité augmentée permet même d’ajouter ce que le temps a effacé. Dès lors, il ne s’agit plus de simples copies, mais de substituts prolongeant le réel. Le danger de ces technologies est sans doute de banaliser la réalité, de la rendre inintéressante face à l’immersion dans un univers virtualité. En même temps, elles permettent de mettre en valeur le patrimoine dans un grand public de plus en plus habitué aux grandes sensations du cinéma 3D. Lascaux 1,2,3 et peut-être 4

Vues du passé avec Fourstalgia

Foursquare est une application qui fonctionne sur différentes plateformes pour téléphones intelligents et qui permet à ses utilisateurs de marquer leur présence en un lieu géo-référencé, comme un musée, en y faisant leur « check-in ».

Depuis le mois de juillet 2012, en plus de gagner des badges et de devenir, en le fréquentant régulièrement, « mayor » de l’endroit, cette application permet de découvrir des photos liées au passé du lieu visité en connectant le compte Foursquare à l’application Fourstalgia. Cette fonctionnalité a été développée par Jon Hoffman, un ingénieur employé chez Foursquare. Lorsque l’utilisateur fait son check-in dans Foursquare à un endroit près duquel une photo historique à été enregistrée, l’application Fourstalgia signale la présence du cliché et permet de le faire apparaître sur son téléphone. Les documents montrés par Fourstalgia proviennent de la base d’images historiques réunie par les participants au projet SepiaTown, qui recherchent et répertorient partout dans le monde des clichés géolocalisés vieux d’au moins 30 ans. Pour l’instant, la base de données rassemble surtout des photographies anciennes prises dans les grandes villes des Etats-Unis. Mais c’est un projet ouvert, fonctionnant selon le principe du crowdsourcing, auquel tout le monde peut participer en y ajoutant des photographies issues de ses propres archives ou de collections publiques libres de droit, comme je l’ai fait avec quelques images issues du Diaporama des Travaux publics de la ville de Neuchâtel. Ainsi tout visiteur d’un lieu, pourvu d’un téléphone intelligent, pourra s’imprégner de son histoire en y faisant un simple «check-in».

Et si l’on se connecte sur le site Internet de de SepiaTown, en cliquant sur le bouton « Then/Now » vous pourrez voir la photographie ancienne en regard de l’image du même lieu prise dans Google Street View. De la réalité augmentée par un regard sur le passé.

 

Jeux olympiques des musées

Un groupe de musées californiens a trouvé un moyen intéressant de tirer parti de Twitter pour diffuser des oeuvres d’art plus ou moins liées au thème des Jeux olympiques et du sport. Ils ont créé un hashtag #MuseumOlympics grâce auquel les musées participants pouvaient partager des photos. De nombreux musées nord-américains se sont prêtés au jeu. Le classement de ces joutes, qui ont permis la diffusion d’environ un millier d’oeuvres, a été publié sous la forme d’un podium olympique:

Vous trouverez tous les résultats sur le site de Museum Olympics: http://external.ybca.org/museumolympics/.

New Museum of Contemporary Art

Le New Museum of Contemporary Art, est un musée d’art contemporain fondé en 1977 par Marcia Tucker, à New York. Il vient de refondre entièrement son site Internet. Désormais il offre des archives numérisées qui offrent aux chercheurs et aux amateurs d’art contemporain un accès gratuit à environ 7500 éléments textuels ou visuels. http://archive.newmuseum.org/